LE THÉRAPEUTE COMME UNE ADRESSE

Un texte de Gabrielle Roy 
étudiante en psychologie de l’UQAM

 

Michel Peterson est psychanalyste, travailleur social et clinicien de RIVO. Son travail auprès des personnes objets de violence organisée l’a amené à reconsidérer le but même de la torture : celle-ci servirait le plus souvent à susciter la peur ainsi qu’à perturber profondément le psychisme et non pas, comme on pourrait le croire, à obtenir des renseignements. D’ailleurs, un patient de Peterson, sommé, dans son pays d’immigration, d’avouer un crime qu’il n’avait pas commis a fini par avouer un non-événement, quelque chose qui n’a jamais existé. Et pour mieux atteindre les émotions de base (en premier chef la peur) et miner le psychisme, la torture bouleverse l’organisation biologique, la régulation et la cartographie affective de l’humain : quand l’enveloppe corporelle est tailladée, les gens cèdent et avouent ce qu’on exige d’eux… Quant aux moyens inventés pour parvenir à de pareils résultats, l’imagination est sans limite, note Peterson.

Les personnes qui arrivent dans le cabinet de Peterson ne parlent au fond que rarement de la torture comme telle (l’expérience de la torture se situe au niveau du non représentable, de l’impossible à penser et à symboliser), mais ce qu’elles disent y renvoie toujours : l’essentiel ne réside pas dans l’acte même de la torture, mais plutôt dans ce que celle-ci a mis au travail dans la psyché des torturés. Il y a des moments de douleur si intense, explique Peterson, que l’humain en arrive à arrêter de penser et le système psychique s’en retrouve paralysé. La personne qui fait l’objet de torture ne se situe plus dans le symbolique où l’humain fonctionne normalement : les coordonnées de la mémoire sont trop perturbées. Après le trauma, elle peut être comparée à un projecteur qui bloque toujours sur la même scène

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publié le 31 / 01 / 2020

RIVO AMORCE SES ACTIVITÉS EN RÉGION : UNE DÉMARCHE DE LONGUE HALEINE

Un texte de Monique Tremblay
M.A.Psychologie-RIVO 

 

En 2019, grâce à un soutien de Bell Cause pour la Cause, RIVO a commencé à développer ses activités dans 5 régions du Québec.  Depuis quelques années, les intervenants d’organismes communautaires en accueil et installation des réfugiés dans diverses régions désignées par le gouvernement du Québec, demandent à RIVO de leur apporter un soutien.  Les organismes reçoivent des personnes réfugiées et des familles provenant des camps de réfugiés des Nations Unies. Elles ont fui leur pays, après avoir vécu des persécutions, des guerres, des génocides, ce qu’on appelle la violence organisée par des états.  Certaines de ces personnes présentent des souffrances psychologiques majeures, dépressions, stress chronique, stress post- traumatique.  Les organismes de certaines régions ont demandé à RIVO de les aider à mieux répondre aux besoins de soins psychologiques de deux façons.  D’une part en formant des intervenants communautaires auprès des réfugiés à mieux comprendre les défis que vivent ces personnes dans leur adaptation au Québec, et de mieux apprécier le poids de leurs souffrances psychologiques sur leurs efforts d’intégration ici. D’autre part en épaulant des intervenants en santé mentale des CLSC dans l’adaptation de leurs approches en psychothérapie aux besoins des personnes réfugiées qui présentent des traumas découlant de la violence organisée.  De plus, deux psychologues en pratique privée sensibles à la situation des réfugiés, dans 2 régions du Québec, et devenues membres du RIVO, offrent des services de psychothérapie à des réfugiés, depuis un an. Dans une 3è région, une autre psychologue s’est jointe à nous, et s’apprête à offrir ses services.

 

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publié le 10 / 12 / 2019

LA RÉSILIENCE ET L’APPROCHE NARRATIVE OU RACONTE-MOI TA NOUVELLE HISTOIRE

Un texte de Hue-Tam PHAM-THI
psychothérapeute au RIVO 

Hue-Tam PHAM-THI, psychothérapeute du lien depuis 2013, formée au CIG (Centre d’intervention gestaltiste) et en PCI (psycho-corporel intégré), précédemment enseignante en francisation auprès d’immigrants adultes.  Je travaille au RIVO depuis 2016. Dans mon bureau, je reçois une clientèle aux multiples défis, provenant de différents horizons, de différents milieux: stress post-traumatique, problèmes identitaires, intégration à la société québécoise, etc. J’accompagne ces demandeurs d’asile et personnes réfugiées, dans leur parcours migratoire souvent tumultueux impliquant de nombreux traumas et multiples pertes avec des conséquences douloureuses sur leur état de santé physique et mental. Dans ce maelstrom de souffrances, de croyances religieuses, de classes sociales, je suis toujours étonnée de leur capacité de rebond puisée dans leurs nombreuses ressources internes, familiales et communautaires.

 

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publié le 29 / 10 / 2019

Démystifier le travail auprès de personnes traumatisées

Un texte de Geneviève Laliberté
Interne en psychologie au RIVO, Université de Sherbrooke

Depuis septembre 2018, je suis interne en psychologie au RIVO-résilience dans le cadre de mon doctorat en psychologie clinique. Étant bien au fait des richesses que peuvent procurer les contacts entre diverses cultures, mes expériences de voyage et de travail à l’étranger m’ont amenée à spécialiser ma pratique auprès de personnes immigrantes, réfugiées et demandeuses d’asile. Évidemment, l’exposition à des récits de vie remplis de violences et de deuils n’est pas facile. Au-delà des images cruelles et des émotions déchirantes, j’accède à des témoignages de résilience exceptionnels. Au fil des semaines, lorsque ma capacité d’absorber les traumas se développe de manière saine, l’horreur fait graduellement place à un sentiment nouveau, étonnant, et d’une immense beauté : la gratitude et l’amour de l’humanité. 

 

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publié le 11 / 09 / 2019

S’il m'était donné de parler du RIVO

Un texte de Lexann (pseudonyme), une survivante lesbienne de l'Afrique

Je suis lesbienne et cela est très mal perçu en Afrique d’où je viens. Ça l’est encore plus dans mon pays d’origine, où les lois prévoient un emprisonnement  de 3 à 5 ans pour quiconque se trouve reconnu coupable d’acte homosexuel. 

Dans ce contexte en 2015, exaspérée par les tortures psychologiques, par le regard d’autrui et de la société toute en entière subi par ma famille et moi, je me suis vue dans l’obligation de quitter la ville où je vivais. Pour laisser éclore ma liberté, j’ai été obligée de fuir.  Mais fuir pour aller où? 

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publié le 06 / 08 / 2019

Ma contribution

Un texte de Jennie-Laure Sully
Membre du CA du RIVO depuis mars 2019

Je suis détentrice d’une maîtrise en sciences biomédicales option réadaptation et d’un baccalauréat en anthropologie de l’Université de Montréal. Après avoir travaillé comme coordonnatrice de recherche pendant plus de 8 ans en milieu hospitalier, je suis devenue travailleuse autonome agissant à titre d’intervieweuse médicale, de rédactrice scientifique ou de conférencière pour différentes organisations. D’origine haïtienne, suite au tremblement de terre de 2010, j’ai commencé à militer pour la défense des droits du peuple haïtien. Dans les années qui ont suivi, j’ai commencé à m’intéresser davantage à la problématique des violences subies par les personnes déplacées, apatrides ou migrantes.

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publié le 23 / 07 / 2019

When Generosity Turns its Face and Smiles Back at You

Text by Penny Rankin
From St Matthias Church, Montreal

Four years ago this coming September, marked a turning point in our collective conscience: the image of the body of Aylan Kurdi washed up on a beach, thrust us into the nightmare that today frames the ordeal of many of the over 68 million displaced persons whose lives are at risk and who daily seek both hope and sanctuary. Outpourings of shock paired with compassion morphed overnight into action as communities sought to meet the distress, pain and horror that continues to unfold across the globe. This arena of despair however, cannot be fully understood by limiting it to geography and statistics; many many of those whose journey ended here in Canada arrive scarred and scared – their wounds not always visible. RIVO’s commitment is to helping heal those wounds.

This is an olive tree. It has a lot to do with our region and it symbolizes blessings for me. Olive trees take long time (10 years) to bear fruit. Their continuous existence is greatly due to generation planting for the next generation. A real example of how paying forward makes every one happy.
(Photo by James Lee on Unsplash)

 

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publié le 21 / 06 / 2019

En amont de la clinique de l’extrême

Un texte de: Gabrielle Roy, étudiante en psychologie de l’UQAM

Selon Michel Peterson, psychanalyste, travailleur social et clinicien de RIVO, la clinique des demandeurs d’asile est essentiellement politique au sens où il est impossible de ne pas élaborer une réflexion et une position sur le vivre-ensemble et sur les modalités à partir desquelles on pense les liens entre les individus. Michel Peterson constate que le monde s’est construit par les migrations et les guerres, et que la violence est bel et bien inhérente au psychisme humain. La torture est un passage à l’acte d’une extrême violence, mais, selon lui, il faut savoir que cette violence, chaque humain la porte en lui.

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publié le 24 / 04 / 2019

Bilan 2018 : RIVO célèbre ses 25 années d’existence!

L’année 2018 célèbre les 25 années d’existence du RIVO avec sa campagne De la survie à la vie. Cette année, RIVO a présenté son tout premier porte-parole officiel, Andy Thê-Ahn, le célèbre designer de mode d’origine vietnamienne qui a fui les horreurs de la guerre pour créer la beauté au Québec.  Andy a offert en primeur au RIVO son tout premier récit de vie publié dans le blogue du RIVO.  Merci Andy!

Grâce au lancement de sa campagne médiatique au mois de mars 2018, le RIVO a gagné en notoriété et visibilité. Le grand public découvre l’expertise d’intervention auprès des personnes ayant subi de la violence organisée, signature du travail indispensable du RIVO. Au total 40 entrevues dans des médias majeurs incluant Radio-Canada Première, les journaux La Presse et Le Devoir; le magazine Elle Québec, Salut Bonjour, Radio-Canada International, pour n’en nommer que quelques-uns. Le RIVO en profite pour souligner qu’au cours de ses 25 ans, 40 000 heures de thérapie gratuites ont été offertes aux nouveaux arrivants les plus vulnérables, et ce, grâce au haut niveau d’engagement de ses membres.

Cliquer pour la revue de presse

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publié le 19 / 12 / 2018

Humanité retrouvée

Un texte de Mariam, une femme originaire de la Syrie

Je suis une réfugiée, mais je ne l’ai pas toujours été.  Avant, j’ai été une personne, comme toute autre personne, comme vous.

Si vous m’aviez connu avant, vous auriez su que je suis enseignante d’anglais au niveau primaire et que j’adorais mon travail.

Vous auriez su que je rêvais depuis l’âge de 16 ans à voyager et vivre ailleurs. Et que même si la majorité de ma famille est à Montréal depuis longtemps, je n’ai jamais pensé à voyager ou habiter au Canada. C’était trop loin et trop froid.

Vous auriez su que depuis l’âge de 12 ans, Garou était le grand amour de ma vie et que j’ai grandi avec les chansons françaises et québecoises.

Vous auriez su que je rêvais de rencontrer l’homme de ma vie, et d’avoir une famille.

Vous auriez su que j’ai 12 amies très proches de moi. On travaillait ensemble, on voyageait ensemble, on s’accompagnait dans tous les moments spéciaux de nos vies.

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publié le 07 / 12 / 2018


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