Démystifier le travail auprès de personnes traumatisées

Un texte de Geneviève Laliberté,    
Interne en psychologie au RIVO, Université de Sherbrooke  

Depuis septembre 2018, je suis interne en psychologie au RIVO-résilience dans le cadre de mon doctorat en psychologie clinique. Étant bien au fait des richesses que peuvent procurer les contacts entre diverses cultures, mes expériences de voyage et de travail à l’étranger m’ont amenée à spécialiser ma pratique auprès de personnes immigrantes, réfugiées et demandeuses d’asile. Évidemment, l’exposition à des récits de vie remplis de violences et de deuils n’est pas facile. Au-delà des images cruelles et des émotions déchirantes, j’accède à des témoignages de résilience exceptionnels. Au fil des semaines, lorsque ma capacité d’absorber les traumas se développe de manière saine, l’horreur fait graduellement place à un sentiment nouveau, étonnant, et d’une immense beauté : la gratitude et l’amour de l’humanité. 

 

En effet, l’exposition à un événement violent ou qui menace l’intégrité d’une personne peut parfois entrainer le développement de symptômes, ainsi que des changements dans les relations avec les proches, et dans les croyances envers le monde et les autres. Certaines personnes rapportent ne plus ressentir et exprimer l’amour de la même façon, avoir une perception différente d’elles-mêmes, et sentir que les autres les abordent différemment. Lorsque les phases de détresse, de souffrance et de terreur s’estompent, elles constatent le chemin qu’elles ont été forcées de parcourir à cause des événements traumatiques. Plusieurs d’entre elles ont changé de pays, ont puisé en elles des ressources jusqu’alors méconnues, et ont accompli des exploits dont elles ne se seraient jamais crues capables. La honte et la perte font peu à peu place à la fierté et à l’espoir. Dans mon rôle d’interne en psychologie, je suis transcendée par l’épanouissement dont je suis témoin. À travers des parcours incroyables, je contemple la soif de vivre, le besoin de se reconstruire et de ne pas se contenter de survivre, et cela me surprend et me renverse constamment. Si j’avais vécu un drame similaire, combien de fois aurais-je abdiqué et me serais-je laissée mourir? Comment est-ce possible de faire confiance à une psychothérapeute après tant d’abus et de trahisons? Chaque jour, j’apprends d’êtres humains exceptionnels et fascinants. Les personnes que je rencontre au RIVO ne le savent peut-être pas, mais elles me donnent beaucoup plus que tout ce que je pourrai leur offrir.

« À travers des parcours incroyables, je contemple la soif de vivre, le besoin de se reconstruire et de ne pas se contenter de survivre, et cela me surprend et me renverse constamment. Si j’avais vécu un drame similaire, combien de fois aurais-je abdiqué et me serais-je laissée mourir? »


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