Journée mondiale des réfugiés 2018

Un texte de : Gabrielle Roy

  

Square Cabot, Montréal, 20 juin

En cette journée mondiale des réfugiés où se sont donné rendez-vous rythmes de tam-tams, massages de main et jeux de marionnettes pour enfants, les activités de sensibilisation à la réalité des réfugiés étaient à l’honneur. C’est donc dans une ambiance festive que le public a été amené à mieux comprendre la réalité des réfugiés qui s’activent sur plusieurs fronts en même temps : ceux du processus d’intégration, de l’apprentissage d’une nouvelle langue, de la recherche d’un emploi sans oublier celui de trouver le moyen de faire le deuil d’une ancienne vie.

Une présentation historique a identifié les différentes communautés d’immigrants à Montréal, dont beaucoup comprenait des réfugiés, de même que différents lieux montréalais particulièrement investis de signification (par exemple certaines églises). Elle incluait le portrait socio-économique de ces communautés immigrantes au Québec ainsi qu’un bref aperçu de la culture de chacune. On pouvait notamment s’étonner de l’interdiction de l’immigration chinoise instaurée par le Canada en 1923, interdiction qui fut l’objet d’excuses du Canada bien des décennies plus tard.

Véronique Harvey a présenté RIVO-résilience, un organisme à but non lucratif qui offre de la thérapie aux réfugiés victimes de violence organisée (celle planifiée par un État comme celle dont l’État n’a pas su protéger les victimes). Ont été présentées deux vidéos de femmes qui ont pu bénéficier d’une thérapie offerte par RIVO. Elles ont eu, devant la caméra, l’immense courage de témoigner de leurs traumas et du bienfait que leur a apporté la thérapie offerte par RIVO. À bien des égards, l’intervention de RIVO a changé leur vie puisque, l’aide à la reconstruction de soi sur le plan psychique a permis à ces femmes de prendre par la suite leur envol, que ce soit par le biais d’un nouvel emploi ou par celui de leurs enfants, mieux soutenus et encouragés, qui ont eu l’accès aux études universitaires. La thérapie, précise Véronique Harvey, restaure le lien de confiance qui avait été rompu avec l’être humain. Les personnes ayant bénéficié d’une thérapie peuvent ensuite reproduire ce lien de confiance au travail et dans leur famille, et ainsi contribuer à la société. Ainsi, accueillir la personne victime d’un trauma dans un espace sécuritaire où elle peut être écoutée est essentiel non seulement pour l’équilibre et le bien-être de sa famille, mais aussi pour celui de la communauté.

Un autre projet enthousiasmant qui a été présenté lors de cette journée consacrée aux réfugiés est le projet artistique conçu par l’organisme Mu. Ce projet visait à créer des liens entre, d’une part, entre les élèves réfugiés syriens et les élèves de l’école Évangéline et, d’autre part, entre le groupe d’écoliers et des jeunes se retrouvant dans un camp de réfugiés en Irak. L’idée était de peindre une murale de façon parallèle, à l’école Évangéline et dans le camp en Irak, en suivant chacun le progrès de l’autre groupe via les médias sociaux. Le thème de la murale était « Le chez-soi quand on est en mouvement ». Les deux groupes de jeunes ont terminé en même temps leur murale et le résultat était vraiment à couper le souffle. En Irak, des oiseaux prenaient leur envol et semblaient se propulser hors du mur pour planer dans le ciel. On peut croire ou au moins espérer que ces fabuleux volatiles trouveront un endroit sécuritaire et accueillant où se poser et que le ciel ainsi ouvert insuffle courage et espoir au cœur des réfugiés encore en attente d’ailes.


Pour plus d'information sur La Journée mondiale des réfugiés

À Montréal

Site des Nations Unies

 


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