S’il m'était donné de parler du RIVO

Un texte de Lexann (pseudonyme), une survivante lesbienne de l'Afrique

Je suis lesbienne et cela est très mal perçu en Afrique d’où je viens. Ça l’est encore plus dans mon pays d’origine, où les lois prévoient un emprisonnement  de 3 à 5 ans pour quiconque se trouve reconnu coupable d’acte homosexuel. 

Dans ce contexte en 2015, exaspérée par les tortures psychologiques, par le regard d’autrui et de la société toute en entière subi par ma famille et moi, je me suis vue dans l’obligation de quitter la ville où je vivais. Pour laisser éclore ma liberté, j’ai été obligée de fuir.  Mais fuir pour aller où? 

Je ne pouvais aller dans un autre pays africain. J’ai dû quitter pour chercher refuge; le destin m’a conduite au Canada. Heureusement, en arrivant ici et portant tout le poids de mon passé, j’ai fait la connaissance du RIVO à travers mon avocate et mon médecin.

À mon arrivée, je vivais encore le stress post-traumatique des événements vécus dans mon pays. Cet état m’empêchait gravement de m’épanouir et j’en étais psychologiquement atteinte. Mais quand je suis arrivée au RIVO, dès les premières séances, j’ai pu déceler les éléments de mon apaisement. Les séances avec ma thérapeute m’ont permis d’extérioriser le mal intérieur qui me rongeait. 

J’ai trouvé à travers mon interlocutrice une personne ouverte et prête à m’écouter sans jugement. Ayant laissé toute une famille en Afrique, je n’avais de cesse de penser à ce qui pourrait leur arriver. Au fur et à mesure que l’on avançait dans la thérapie, toutes ces inquiétudes ont pu être dissipées et la confiance s’est établie entre ma thérapeute et moi.

Aujourd’hui, je peux affirmer sans risque de me tromper que je n’ai plus peur de clamer haut et fort mon appartenance. Car ce n’est pas un choix; c’est une nature et la nature on ne la choisit pas, on la vit.

S’il m’était donné de parler du RIVO, je résumerais mes propos en ces quatre mots. D’abord Disponibilité; car les thérapeutes de cet organisme sont disposés en tout temps, à tout moment, en tout lieu et en toute circonstance à apporter le meilleur d’eux-même, ce qui marque le patient. Ensuite, Efficacité: la thérapie, même si je ne le pensais pas au départ, m’a ramenée à la juste expression de mon épanouissement. Je ne saurais comment dire merci. Bien plus, Confidentialité : la vie privée de tout un chacun doit rester privée et au RIVO cette règle est appliquée strictement. Pour finir, le partage d'Information: beaucoup de personnes, comme moi au départ, ne savent pas qu'il existe un organisme comme le RIVO.

Mon souhait est que les personnes qui arrivent ici soient informées de l'existence du RIVO et qu'ils sachent qu'ils peuvent recevoir de l'aide sans être jugés. Pour le bien de tous et le salut du monde.


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Un texte de Geneviève LalibertéInterne en psychologie au RIVO, Université de Sherbrooke Depuis septembre 2018, je suis interne en psychologie...
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