Retour sur le Colloque "Parcours de résilience"

Un texte de Noémie Trosseille, M.Sc. Anthropologie

Dans le cadre du colloque Parcours de résilience : accompagner les réfugiés suite aux traumas, organisé les 16 et 17 octobre par le Centre d’expertise sur le bien-être et l’état de santé physique des réfugiés et des demandeurs d’asile du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, en collaboration avec le centre de recherche Sherpa, s’est tenu un symposium portant sur les traumas associés aux violences basées sur le sexe (VBS). À l’occasion étaient réunies Jennifer Lys Grenier, coordonnatrice du volet femmes de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), Leah Woolner, intervenante au Mouvement contre le viol et l’inceste (MCVI) et Véronique Harvey, psychothérapeute au Réseau d’intervention auprès des personnes ayant subi la violence organisée (RIVO). Cette dernière a livré une présentation portant sur l’excision, qui fait l’objet de ce présent résumé.

L'excision

Dans certains pays, les femmes et les filles sont exposées à des violences spécifiques à leur genre : agressions physiques et psychologiques, mariage forcé, mutilations génitales, etc. Parfois, elles en sont tenues responsables et, rejetées socialement, certaines décident de fuir leur pays.  Toutefois, ces violences ont des répercussions sur ces femmes lorsqu’il s’agit de s’adapter et de s’intégrer à une nouvelle société. En plus des traumatismes physiques et psychologiques que ces violences peuvent engendrer, leur parcours migratoire, leur précarité, leur statut d’immigration, la méconnaissance de leurs droits, ainsi que le regard que les membres de la société d’accueil portent sur elles, sont autant de facteurs de vulnérabilité pour elles.

Au Québec, le RIVO a reçu, en 2018, environ 500 personnes en psychothérapie. Véronique Harvey est psychothérapeute au RIVO et rencontre régulièrement des femmes qui ont subi une forme d’excision. Dans son bureau, elles expriment souvent un choc de cultures, prises entre la connotation positive associée à ce genre de pratique dans leur pays d’origine, et une sensation de victime dans le pays d’accueil, où l’excision est condamnée.

Ce n’est qu’une fois arrivée ici, que j’ai réalisé que toutes les femmes n’étaient pas excisées. Je ne savais même pas qu’une femme pas excisée pouvait exister. Ça m’a choquée parce que j’ai compris que j’avais souffert tout ça pour rien.

Témoignage d’une femme du Burkina Faso

Devant toi, je sens qu’il me manque quelque chose. Tu as quelque chose que je n’ai pas. Je me sens incomplète et je me sens incompétente.

Témoignage d’une femme de la Guinée

Le défi pour la psychothérapeute est alors d’offrir un espace neutre à la personne, un espace sécuritaire de non-jugement, en mettant de côté non seulement ses propres opinions vis-à-vis de l’excision, mais également la position de l’organisme qu’elle représente. L’objectif de la thérapie est de permettre à la personne de se reforger une identité, non pas de victime mais de survivante, une identité positive et cohérente dans laquelle la femme peut reprendre confiance en sa valeur et en la vie.

De gauche à droite: Véronique Harvey (RIVO), Cécile Rousseau (pédopsychiatre et co-fondatrice du RIVO),  Noémie Trosseille, (M.Sc. Anthropologie)


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